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La coopération: grand défi de la mobilité intelligente

Quand on s’intéresse à la mobilité intelligente et durable, on découvre rapidement que les défis du domaine sont nombreux. Déjà, l’évolution de nos modes de transport exigera une foule d’adaptations au niveau technologique, routier, économique et autres. Pourtant, parmi tous ces enjeux, c’est sans doute l’intégration des services offerts qui demandera la plus grande transformation.

En effet, pour que le transport devienne réellement intelligent, les diverses options devront être rassemblées et facilement accessibles pour l’usager. Ce changement, qu’on appelle mobilité intégrée ou MaaS (Mobility as a Service), n’est pas uniquement logistique. Avant tout, ce sont la vision et les valeurs des fournisseurs de services qui devront évoluer. Toute une mission!

Mobilité: l’intégration et la coopération pour réussir la transition

Partout dans le monde, la mobilité urbaine est en profonde mutation et les changements se font à un rythme rapide. Les services de mobilité se multiplient et des nouvelles initiatives font leur apparition (autopartage, covoiturage, coursier, vélopartage, etc.) Le transport est ainsi de plus en plus connecté, technologique, autonome, sur demande et multimodal.

Toute cette effervescence semble positive et ouvre la porte à la révolution tant attendue en transport. En effet, les nouveaux services sont généralement :

  • Moins coûteux que les infrastructures routières traditionnelles.
  • Favorables à la croissance économique, puisque leur objectif est de simplifier le transport des personnes et des marchandises.
  • Plus durables et contribuent à réduire la pollution.

Toutefois, dans plusieurs municipalités, les effets de ces solutions tardent à se faire sentir. On observe même parfois une détérioration de la mobilité. À New York, par exemple, la multiplication de l’offre en transport a amplifié les problèmes de congestion. Le constat est donc clair: pour devenir intelligente, la mobilité du futur doit être davantage intégrée et coopérative!

Le paradoxe de la coopération en mobilité

Cependant, la grande diversité des fournisseurs de services complique cette intégration. Le problème est particulièrement bien cerné dans cet article du BCG Henderson Institute, un observatoire de Boston qui s’intéresse à l’innovation en affaires.

En fait, les acteurs publics (sociétés de transport, instances gouvernementales) et les joueurs privés ont des objectifs très différents. Bien souvent, ils ne partagent pas les mêmes préoccupations et modèles de développement. Leurs visions respectives sont presque à l’opposé!

Enjeux privés:

  • Nécessité de générer un profit financier
  • Priorité de chacun sur son produit ou son service
  • Volonté de créer un lien particulier avec la clientèle et reconnaissance de la marque
  • Vision axée sur le développement et la croissance: augmenter l’offre, le nombre de véhicules, etc.

Enjeux publics :

  • Financement public du transport collectif
  • Priorité sur les gains collectifs et non financiers (transport simplifié, environnement, etc.)
  • Volonté de favoriser le transport actif des citoyens
  • Vision axée sur la réduction de l’étalement urbain et du nombre de véhicules, utilisation maximale des infrastructures déjà existantes

Ces disparités créent un paradoxe de la coopération en mobilité. Ainsi, sans une intégration intelligente de toutes les solutions de transport, les différents joueurs pourraient se cannibaliser l’un et l’autre. L’espace public pourrait aussi devenir dominé par des intérêts privés ou, à l’inverse, paralysé par une mauvaise planification des autorités. Il est donc impératif pour les Villes d’éviter ce paradoxe!

Mobilité: une révolution à encadrer

En somme, les différents acteurs de la mobilité devront se centrer sur les besoins des usagers et sur la coopération. Ils devront apprendre à travailler ensemble, et non l’un contre l’autre. Et bien qu’ils soient déjà ouverts à partager des données et des technologies, ils devront surtout apprendre à partager des clients.

De plus, pour réussir cette incontournable intégration, les autorités publiques doivent dès maintenant agir en chef d’orchestre. Cette mission demande du doigté: les régulateurs doivent trouver un équilibre entre innovation et réglementation. Un exercice d’autant plus difficile, puisque le futur de la mobilité n’est pas encore tout à fait dessiné.

Voici six actions clés à poser par les décideurs, proposées par le BCG:

  1. Mesurer l’utilisation des services, ainsi que leurs avantages et désavantages.
  2. Tirer profit de la valeur (économique, environnementale et sociale) créée par les différents services afin de réinvestir dans d’autres projets.
  3. Intégrer l’offre et les solutions de mobilité sur une seule plateforme.
  4. Motiver les usagers (avec des offres adaptées à leurs besoins) et les fournisseurs (pour améliorer leurs services).
  5. Réguler avec suffisamment de flexibilité pour favoriser l’innovation, mais assez d’encadrement pour garantir l’efficacité.
  6. Expérimenter avec les fournisseurs de services et partager les résultats avec d’autres municipalités.

Le CIAMIL : accélérateur d’innovation et d’intégration

Heureusement, à Laval, la transition vers une mobilité intelligente et intégrée est déjà en cours. C’est d’ailleurs pourquoi le CIAMIL a été créé! Notre mission est de rassembler différents partenaires, tout en favorisant la coopération et l’expérimentation.

D’ailleurs, si vous avez des projets innovants en transport, n’hésitez pas à communiquez avec notre équipe. Nous sommes là pour vous soutenir et vous offrir des ressources: profitez-en!