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CIAMIL stationnement enjeu metropolitain

L’enjeu du stationnement en région métropolitaine est de grande portée. Celui-ci vient transformer complètement la planification de l’espace urbain. Les initiatives de transport collectif, actif, partagé sont grandement affectées par cette réalité, soit la prédominance de l’automobile en solo.

Sachant qu’une automobile est stationnée l’immense majorité de sa durée de vie utile, il est nécessaire de prévoir les aménagements nécessaires pour faire face à cette réalité concrétisant des décisions prises il y a quelques décennies. Ces décisions font d’ailleurs en sorte que nous devons gérer les places de stationnement, au moins autant que les déplacements. À l’intérieur du modèle actuel, le déplacement et l’espace de stationnement sont aussi important l’un que l’autre pour l’automobiliste, puisque celui-ci ne devient que très tard le piéton au cours du processus de déplacement.

Le stationnement renvoie à quelques enjeux, dont celui de la densité urbaine et d’espace nécessaire aux véhicules pour circuler et s’immobiliser.

D’une part, les administrations municipales cherchent à densifier la population, à la fois pour augmenter la valeur foncière des terrains, augmenter la population par kilomètre carré. D’ailleurs, les services municipaux sont beaucoup plus faciles à pérenniser lorsque la densité de population est plus élevée, les contribuables étant plus nombreux à assumer les ressources nécessaires à leur maintien.

Ajoutons qu’il est fort pertinent, dans l’objectif de répondre de mieux en mieux aux besoins des citoyens, de leur offrir plus de services. Cela est beaucoup plus simple lorsque les destinataires des services sont moins étalés.

D’autre part, le besoin des usagers-automobilistes de se déplacer est en croissance continue, pendant que l’espace est en raréfaction. L’espace nécessaire de déplacement des automobiles étant élevé, les administrations municipales peuvent s’en remettre à trois options :

  • Ajuster la densité urbaine à la capacité du réseau prévu pour les automobilistes en solo, donc se priver de sources imposantes de revenus et favoriser l’étalement urbain
  • Augmenter la capacité du réseau routier pour permettre au modèle de l’automobile en solo de répondre à un besoin de densité urbaine plus élevée, par conséquent délocaliser des citoyens pour faire place à plus de pavage et détruire une partie du cadre bâti, à grands frais.
  • Faire la promotion des modes de transports alternatifs et collectifs, pour permettre une plus grande densité, plus de revenus et de meilleurs déplacements urbains.

L’image suivante explique bien l’importance d’optimiser les déplacements et surtout, de diversifier les modes de transport, en particulier dans un cadre urbain.

Image: espace occupé par 60 personnes en automobile solo vs 60 personnes dans un autobus vs 60 personnes à vélo.

comparaison auto et autobus

Quelques mesures d’atténuation de la problématique de stationnement

Une mesure d’atténuation technologique, simple à mettre en place ne demande que peu de sacrifices de la part des automobilistes. Qu’il s’agisse d’un témoin lumineux, d’une application mobile, d’une indication qui pointe les espaces de stationnement libres, ce sont des solutions envisageables. Tous ces moyens viennent améliorer grandement l’efficacité des espaces prévus à des fins de stationnement, mais ne viennent pas régler les problèmes quant au déficit nécessaire pour les automobilistes. Celles-ci répondent donc à un besoin, mais ne traitent pas le problème de fond. Autrement dit, bien qu’il soit possible d’atténuer les effets du manque de stationnement, cette solution ne vient pas régler la question de l’espace physique requis pour stationner tout le parc automobile de zones densément peuplées.

Une autre solution, beaucoup moins populaire, est en quelque sorte une barrière à l’entrée pour l’automobile en solo, soit une tarification plus ou moins agressive des espaces de stationnement. Celle-ci peut être considérée comme répressive et est souvent mal accueillie par les automobilistes, qui, rappelons-le, s’expriment démocratiquement lors d’élections.

La stratégie qui répond le mieux aux impératifs de réduction du parc automobile, sans ajouter de pression directe sur les automobilistes, est simplement de rendre de plus en plus alléchants et accessibles le transport collectif et les transports actifs. Promouvoir les transports collectifs, promouvoir des initiatives de sensibilisation, en particulier à l’effet de l’automobile en solo sur l’environnement, de la sensibilisation à l’effet financier d’acheter un bien qui perd de la valeur à chaque kilomètre parcouru. Sensibiliser les citoyens à l’effet positif de l’utilisation des transports alternatifs sur la congestion quotidienne et le temps de transport épargné. Les arguments en faveur de l’utilisation du transport en réseau ne manquent pas.

Tout cela est à notre portée, pourvu que les services soient à la hauteur et que les avantages de quitter l’automobile en solo soient suffisants pour que les citoyens se mettent à utiliser les transports alternatifs. L’adoption de cette habitude dépend grandement de l’aptitude des instances comme le Centre d’incubation en mobilité intelligente (CIAMIL) à  soutenir des innovations en matière de transport et à contribuer aux changements de  comportements favorisant une plus grande efficacité dans les transports.

 

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