Étiquette : internet des objets

Ville intelligente

Depuis bon nombre d’années, plusieurs acteurs de la société civile en particulier dans le milieu municipal évoquent le concept de ville intelligente. Pour les spécialistes, il s’agit d’une sorte de nouvelle norme à appliquer dans la planification urbaine, pour plusieurs, il s’agit d’une utopie futuriste et pour une autre catégorie, il s’agit d’un terme galvaudé, lié à nombre de mesures et d’initiatives qui servent de stratégie parapluie pour des améliorations qui sont déjà adoptées par la majorité des municipalités.

Le CIAMIL désigne pour sa part la ville intelligente comme une ville interconnectée qui cherche à optimiser la prestation de service aux citoyens en termes de mobilité, en accumulant des données par les utilisateurs, via notamment l’internet des objets. Cet internet des objets qui sert à rapprocher la donnée de l’action des services publics. À titre d’exemple, les stationnements intelligents qui affichent par des témoins lorsqu’un espace se libère. Autre exemple, une application mobile que les citoyens peuvent utiliser pour trouver des vélos en libre-service pour se déplacer dans la ville d’un point A à un point B de façon efficiente.

Les possibilités en matière de ville intelligente sont extrêmement nombreuses, mais on ne peut se tromper en affirmant que celles-ci visent à quelques objectifs bien précis : utiliser des données pour optimiser les déplacements (mobilité intelligente), utiliser des données probantes dans la genèse de quartiers avec en tête les points d’interconnexions des infrastructures (Développement urbain axé sur le transit ou TOD), offrir une expérience optimisée aux utilisateurs pour qu’ils se sentent parties prenantes des services publics (signalement de bris par géolocalisation) par une application mobile innovante.

Utilisation de données accumulées par de nombreux capteurs dans le but de prévoir les comportements routiers, la direction du vent dans la disposition des poubelles, les flux de circulation dans la planification des espaces de stationnement, la planification de pistes cyclables par la virtualisation des données de déplacements actifs. La fréquence optimale de déneigement, les tracés optimaux pour les agences de transport et moult autres utilisations de données probantes dans le but avéré d’optimiser toutes les actions menées par les municipalités.

Un enjeu de taille : quoi faire de toutes ces données?

L’accumulation de données de plus en plus volumineuses pose plusieurs questions qui sont pertinentes à toute l’idée de ville intelligente :

1-Comment les emmagasiner, les stocker

2-Quels dispositifs mettre en place à l’intérieur même des structures décisionnelles municipales

3-Comment les traiter et les interpréter

4-Comment les protéger et en limiter l’accès que pour les fins auxquels elles ont été recueillies.

C’est en ce sens que la gouvernance de proximité amorce une transition majeure, une révolution numérique en quelque sorte.

Outre les multiples outils d’optimisation des déplacements, cette révolution s’articule également autour d’opportunités d’amélioration de l’ensemble des services offerts à la population. L’adoption de principes basés sur la décision à partir de données accumulées permet à la municipalité de réduire ses coûts opérationnels et d’améliorer l’efficience des services rendus, en particulier lorsque l’intelligence est articulée autour de la mobilité urbaine.

Par exemple, la ville intelligente est un levier pour l’utilisation optimale des ressources publiques, la réduction des dépenses, l’augmentation de l’automatisation de tâches répétitives et l’utilisation optimale des effectifs d’entretien des infrastructures municipales. Formuler une demande pour qu’une personne ressource fasse un suivi serré du dossier devient beaucoup plus simple et efficace lorsque le citoyen peut faire le suivi en temps réel de son cas citoyen. S’il y a un trou dans la chaussée, des matières résiduelles à ramasser ou autre, cela peut être signalé en tout temps, et traité aussitôt que la personne ressource arrive sur son lieu de travail.

Ville intelligente : ville connectée

Accumuler les données et les renseignements pour prendre de bonnes décisions implique que les citoyens soient tous membres d’un réseau qui accumule les données de manière holistique. Il n’est pas possible d’envisager une ville intelligente sans capteurs pour accumuler les données et les colliger anonymement, dans le but de les interpréter pour prendre les meilleures décisions.

C’est en ce sens que l’internet des objets (IoT) entre en ligne de compte. Grâce aux téléphones intelligents, aux mobiliers urbains et autres dispositifs connectés en réseau à la grandeur de l’agglomération, les données sont recueillies. Si cela n’est pas fait, il y a un risque que les informations soient fragmentaires et surtout, que les citoyens n’y adhèrent pas. En absence d’adoption d’un réseau et de capteurs de données, celui-ci ne peut être aussi utile que prévu. Évidemment, des mécanismes sont à mettre en place pour faire en sorte que ces données ne soient pas en dépassement sur la vie privée des citoyens.

Pour résumer, une ville intelligente nécessite quatre choses importantes : un dispositif qui permet de générer des données (capteur); un réseau qui permet d’agglomérer ces données (infrastructure de données); un code d’éthique et des mesures de sécurité qui en encadrent l’utilisation, et surtout, des spécialistes qui sont en mesure d’interpréter ces données pour les rendre utiles au quotidien des citoyens.

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